Claude Santiago

réalisateur - films musicaux etc.

The Last Poets
made in Amerikkka - 52 mn

Première diffusion : Trace TV 2009
Production : La Huit avec 3D Family, Banlieues Bleues, Trace TV
Conception graphique : Michel Meyer

En 1968 à Harlem, au lendemain de l'assassinat de Martin Luther King, des jeunes hommes en colère créent The Last Poets. Avec des mots comme des rafales de mitraillette, ils dressent un portrait ravageur et plein d'humour de la vie dans le ghetto. Au passage, le groupe culte invente le rap et la culture hip hop. Le film : longtemps dispersés, The Last Poets se retrouvent pour un concert unique accompagnés par d'autres légendes de la 'great black music'. Dans le huis clos d'une salle de répétition, ils évoquent la naissance du collectif, les années de plomb et de délires artistiques à haut risque.

Soca Power in Trinidad & Tobago - 60 mn

Première diffusion : Trace Tropical 2008
Production : ADN avec Maturity music, Trace TV, Prodom
Habillage : Michel Meyer

Au sud de la Caraïbe, dans l'île anglophone de Trinidad, la soca a remplacé le calypso comme musique nationale. Marquée par ses origines africaines et indiennes, mâtinée de reggae, dancehall, hip hop ou techno, la soca moderne nourrit concerts et défilés de carnaval, day and night. D'une noce musicale dans la jungle à une performance anti-drogue, au rythme des radios populaires de Port of Spain, le film propose une dérive uptempo dans l'univers méconnu de cette musique de danse et de fête à la sensualité débridée et aux propos souvent sulfureux - en compagnie des quatre plus grandes stars du style.

James Blood Ulmer
no escape from the blues - 52 mn

Première diffusion : Mezzo 2006
Production : La Huit avec Banlieues Bleues, Voi Sénart
Habillage : Michel Meyer

James Blood Ulmer est sans doute le guitariste le plus novateur depuis Jimi Hendrix. Longtemps compagnon d'Ornette Coleman et autres géants du jazz, il est aussi - au tournant des années 80 - la coqueluche noire d'une scène punk-new wave fascinée par la liberté de son style. Le film : James Blood revisite le blues traditionnel en concert avec le producteur et black rocker Vernon Reid. Des archives renvoient aux émeutes raciales des années 60, et à l'usage des jeunes générations 'Blood' invoque l'esprit du blues, chronique poétique des joies et détresses des Noirs américains depuis un siècle.

Tom Zé
dada brasil - 47 mn

Première diffusion : Mezzo 2005
Production : La Huit avec Banlieues Bleues, Voi Sénart
Scratches pellicule : Lyonel Kouro

Tom Zé, avec Caetano Veloso, Gilberto Gil et quelques autres, est l'inventeur du Tropicalisme, mouvement artistique qui critique l’apolitisme de la bossa nova, et appelle à une nouvelle esthétique et un nouveau Brésil -alors que le pays vit sous la botte d’une dictature militaire dans les années 60. La musique du trublion fantasque et provocateur est enracinée dans le Nordeste d'où il vient, façonnée par l'univers hyper urbain de São Paulo où il vit. Rémy Kolpa Kopoul (radio Nova) mène un entretien baroque où Tom Zé exprime ses idées iconoclastes sur les femmes, le Brésil et lui-même.

Justo Valdez & la rumba palenquera
un hommage à Batata - 45 mn

Première diffusion Mezzo 2004
Production : La Huit avec Banlieues Bleues, Mezzo

En hommage à Batata, maître des tambours afro-colombiens disparu avant le concert, ses musiciens rencontrent la fine fleure de la rumba zaïroise. Six caméras filment la performance en longue focale, en plans très serrés et épurés. Au montage, percussions luxuriantes, cuivres latinos, accordéon caraïbe et guitare soukouss se donnent la réplique pour créer un flux musical et visuel dense et hypnotique. DJ "Champeta man original" retrace l'origine de cette musique chez les 'marrons' réfugiés dans la jungle colombienne pour fuir l'esclavage. Prudence Maïdou danse avec les lumières de la ville.

America number one - 23 mn

Carnet de voyage sans but 2004
Autoproduction - avec Jean-Marc Schick/Atelier sonore

New York : devant les ruines du World Trade Center on vend des souvenirs du 11-septembre. Antonin Artaud déclame un texte écrit en rejet d'une Amérique marchande et guerrière qu'il exècre, texte interdit d'antenne pendant 27 ans • Hanoï : une radio déverse une propagande ultra nationaliste à l'attention du seul peuple ayant jamais vaincu militairement les Usa, et qui n'écoute plus le parti unique • Pékin : rêve américain de consommation et de puissance, Kentucky Fried Chicken partout, rock new look dans clubs branchés, croissance du PIB à +10%, mais encore tai-ji dans le parc.

Raï ! Raï ! Raï !
Cheikha Rabia & Bellemou - 50 mn

Première diffusion Mezzo 2003
Production : La Huit avec Banlieues Bleues, Mezzo
Animations : Mathieu Földes

Cheikha Rabia, maîtresse de raï traditionnel, et Bellemou, modernisateur du style, partagent une soirée algérienne du festival Banlieues Bleues. Tourné sur fond noir, excluant tout plan large ou moyen pour ne s'intéresser qu'au détail, le film nous plonge au cœur de la performance individuelle de chaque musicien en la déconnectant de toute référence contextuelle. Avec le même parti pris, un couple de danseurs est tourné séparément, puis intégré au montage dans un jeu cadencé des couleurs et des formes renforçant l’effet de transe déjà produit par le son. Rabia et Bellemou parlent de leurs destins.

Oran Oraï - 57 mn

Première diffusion : Arte 2000
Production : P.I.A.

Tourné alors que la guerre civile fait encore rage aux portes de la ville, le film nous entraîne à la découverte de la scène raï d'Oran, ville la plus tolérante d'Algérie et berceau de ce style de musique très populaire dans le monde arabe et au delà. Cheb Mami, star internationale du raï, introduit les grandes interprètes de cette musique qui sent le soufre dans un pays encore très religieux. Dans un mariage, un festival où hommes et femmes sont séparés, dans des clubs où le whiskey coule à flot, les étoiles du raï chantent l'amour libre, les paradis artificiels, le rêve d'un visa pour la France.

Compay Segundo
une légende cubaine - 55 mn

Première diffusion : Arte 1998
Production : Morgane prod.

Le chanteur et auteur-compositeur de dizaines de classiques de la musique cubaine entreprend, à 90 ans, une tournée à travers l'île qui est la trame du film. De La Havane à Santiago, Compay Segundo se raconte, évoquant une vie de musique et d'amour qui traverse le 20ème siècle et l'histoire mouvementée de Cuba. En concert ou lors de jams improvisées, il rencontre d'autres grands noms de la musique cubaine tels Pio Leyva, Eliades Ochoa ou la Familia Valera Miranda. Quelques mois après avoir tourné avec Wim Wenders le film Buena Vista Social Club et enregistré le tube planétaire Chan Chan.

Dégénération punk - 60 mn

Première diffusion : Arte 1997
Production : Morgane prod.
Special edit : Bazooka / Suicide

Depuis un poème de la madone pré-punk Patti Smith appelant le rock à renouer avec la révolte, jusqu'à la mort par overdose de Sid Vicious, bassiste des légendaires Sex Pistols, le film restitue - sans commentaires et à travers un montage d'archives rares - le chaos d'une scène anglaise et américaine où se croisent musiciens, graphistes, fashion designers, et escrocs du show biz'. Unhappy end : la flambe autodestructrice de la génération 'no future' autant que sa récupération spectaculaire et marchande auront rapidement raison du mouvement punk, alors que 'les 30 glorieuses'  ont touché à leur fin.

Arriba de la bola
histoires du carnaval de La Havane - 92 mn

Première diffusion : France Supervision /Canal +  1996
Production : Morgane prod.

Tourné au cœur des défilés, parsemé d'archives étonnantes, le film démonte les clichés d’un carnaval uniquement dédié aux divertissements, alors qu’il est aussi le théâtre d’une mémoire collective meurtrie par le souvenir de l’esclavage. Année après année, les Cubains rejouent les scènes d’une histoire coloniale violente, pour exorciser un passé traumatique et ne pas oublier. Le film est aussi une ode à cette merveilleuse fête, alors que, pour en saisir l’essence, il faut aussi se laisser porter par la magie des rythmes, la grâce des danseurs, la poésie des lampions, et la transe libératrice.

Carlinhos Brown
Bahia beat - 52 mn

Première diffusion : Arte 1996
Production : Morgane prod.

Carlinhos Brown aime son Brésil, pauvre mais digne et créatif, moderne mais fier de ses traditions. Entièrement tourné à Salvador et dans l'Etat de Bahia, le film dresse un portrait du surdoué de la percussion devenu célébrissime auteur-compositeur-interprète. Dans sa favela, il finance et guide plusieurs groupes comme Zarabe ('Zapatista/Arabe'), sorte de guérilla musicale qui prend pacifiquement le contrôle de quartiers entiers au son des cuivres et tambours. Pour Brown, dans la tradition du candomblé (ou du vaudou), le musicien est le medium à travers lequel s'exprime l'esprit de son peuple.